Olivier bouturage : 19 %, et ce que ce chiffre change
Le chiffre le plus utile sur le sujet vient d'un article scientifique et non d'un tutoriel. En 2000, une équipe de l'université de Tizi-Ouzou rappelle que la variété Chemlal, une olive de Kabylie, s'enracine à 19 % en bouturage selon les travaux de l'Espagnol Caballero. Les auteurs parlent d'un « faible pouvoir rhizogène » chez l'olivier, autrement dit d'une aptitude limitée à former des racines sur une tige coupée.
Ce taux porte sur une seule variété. Le même article signale, travaux à l'appui, que la formation des racines change d'un cultivar à l'autre et dépend de leurs potentialités. Il ne donne donc pas la réussite de votre arbre, seulement un ordre de grandeur. Une conséquence pratique s'en déduit sans difficulté : préparer une seule bouture revient à miser sur un résultat improbable. À 19 %, dix boutures donneraient environ deux plants, un calcul qui sert de repère et ne promet rien.
Une confusion circule aussi sur les 60 à 80 % parfois présentés comme la réussite du bouturage. Dans le mémoire soutenu à Tlemcen en 2015 sur la pépinière de Saf-Saf, cette fourchette concerne le greffage en écusson, selon les variétés. Le bouturage y est décrit autrement : des jeunes rameaux, des plants identiques à l'arbre mère, et une production en deux ans.
| Méthode | Point de départ | Plant obtenu | Repère chiffré |
|---|---|---|---|
| Bouturage | Jeune rameau | Identique à la plante mère | Production en 2 ans (Tlemcen) ; 19 % d'enracinement sur Chemlal |
| Greffage en écusson | Greffon sur porte-greffe | Variété choisie sur racines d'un franc | 60 à 80 % de réussite selon les variétés ; 3 à 4 ans |
| Semis | Graine | Franc, utilisé comme porte-greffe | Aucun chiffre dans le résumé consulté |
Le pépiniériste algérien préfère encore la greffe, malgré sa durée : c'est la méthode la plus employée dans ce pays d'après le mémoire, qui juge que le bouturage reste à y développer. Pour un jardinier, l'intérêt de la bouture est ailleurs. Elle demande peu de matériel et reproduit fidèlement un arbre que l'on aime.
Quel rameau choisir pour une bouture d'olivier
L'étude de Tizi-Ouzou fournit trois indications précises, même si elle vise la culture in vitro et non le jardin. Ses boutures mesurent 12 à 15 cm. Elles sont prélevées sur des pieds mères adultes, afin d'obtenir des copies conformes à l'arbre sélectionné. Et leur position sur le rameau pèse lourd : les fragments issus de la partie médiane réagissent mieux que ceux du sommet ou de la base, un résultat que les auteurs rapprochent d'autres travaux, notamment sur la Picholine.
Pour la nature du bois, les auteurs rappellent que les ligneux partent le mieux de jeunes rameaux d'une année, en cours de lignification. Concrètement, on écarte la pousse tendre de l'extrémité et le vieux bois gris, puis on garde le tronçon intermédiaire d'une tige de l'année, déjà ferme sans être dur.

Un arbre greffé impose une précaution supplémentaire, puisque ses racines et sa ramure n'ont pas la même origine. Prélevez dans la ramure, au-dessus du point de greffe, et jamais sur une pousse née au pied : celle-ci appartient au porte-greffe et ne reproduirait pas la variété.
Automne ou été : la période de bouturage de l'olivier
Les guides de jardinage donnent presque tous des dates d'été, de juin à septembre selon les auteurs. La recherche consultée raconte une histoire un peu différente. À Tizi-Ouzou, les boutures sont prélevées en automne, et les explants d'automne se montrent plus efficaces que ceux du printemps. Deux explications sont avancées : les rameaux accumulent des glucides à cette saison, et la floraison pèse négativement sur la multiplication au printemps.
Il faut lire ce résultat avec prudence. Il concerne des microboutures de laboratoire, et il compare l'automne au printemps, pas à l'été. Aucune des sources ouvertes pour cet article n'oppose directement juillet et octobre. La conclusion raisonnable est la suivante : évitez la floraison, et visez la fin d'été ou le début d'automne, quand le bois de l'année s'est raffermi. Sous un climat frais, le début de cette fenêtre laisse plus de temps à la bouture avant le gel.
Préparer l'olivier bouture par bouture
Les gestes qui suivent sont des conseils de jardinier et non un protocole mesuré ; aucune source consultée ne chiffre leur effet au jardin.
Couper et préparer
Coupez net, avec un sécateur propre, des tronçons de 12 à 15 cm. Retirez les feuilles du bas pour que rien ne pourrisse dans le substrat et gardez-en quelques-unes au sommet : un rameau à feuilles persistantes continue de perdre de l'eau alors qu'il n'a plus de racines pour la remplacer.
Hormone de bouturage : utile, pas magique
Des travaux publiés dans la revue *Olivae* ont étudié l'effet de l'AIB, l'hormone des poudres de bouturage, sur des boutures feuillées d'olivier. En laboratoire, l'équipe de Tizi-Ouzou cite pourtant un meilleur résultat avec l'ANA, une autre auxine, et retient l'importance du cal, ce tissu cicatriciel qui se forme à la base. Le cal compte donc autant que le produit : sans lui, peu de racines. Une poudre peut aider, sans compenser un rameau mal choisi.
Installer les boutures
Piquez-les dans un mélange drainant, légèrement humide, plusieurs dans un même pot pour multiplier les chances. Les professionnels travaillent sous nébulisation ou sur tablettes chauffantes, deux techniques qui figurent dans les titres des travaux cités. À la maison, un sac transparent posé sur des arceaux imite cette ambiance humide. Placez le pot à la lumière sans soleil direct, aérez régulièrement et gardez le substrat frais sans le détremper.
Rejet, noyau, verre d'eau : les autres pistes
Le rejet paraît le raccourci le plus simple, puisqu'il porte parfois déjà ses racines, une logique détaillée pour le bouturage du lilas et de ses rejets. Sur un olivier greffé, il faut pourtant se méfier : le rejet né sous la greffe donne le porte-greffe, et non la variété de l'arbre. Sur un sujet franc de pied ou issu de bouture, il reste fidèle à l'arbre.
Le noyau mène à un franc. Le mémoire de Tlemcen le décrit comme un porte-greffe, choisi pour la vigueur, la longévité et l'adaptation au terrain. Il constitue une expérience intéressante avec des enfants, mais ne reproduira pas l'olive de l'arbre d'origine.

La bouture dans l'eau et le gel d'aloe vera reviennent souvent dans les résultats de recherche. Aucune source primaire ouverte pour cet article ne mesure leur efficacité sur l'olivier. On peut les essayer sur quelques rameaux en surplus, en comparaison d'un pot classique, sans en attendre une garantie.
Du pot de bouture au jeune arbre
Une bouture qui résiste quand on la tire très doucement, ou qui lance de nouvelles feuilles, a sans doute formé des racines. Laissez-la tout de même s'affermir avant de la rempoter seule. Le mémoire de Tlemcen compte deux ans de production pour un plant bouturé en pépinière : à ce stade, c'est encore un très jeune sujet.
La Royal Horticultural Society donne des repères utiles pour la suite, pensés pour le climat britannique. Elle conseille un compost graveleux à base de terre, un pot de 30 à 35 cm au minimum pour un olivier installé, surélevé sur des cales pour évacuer l'eau, et un substrat maintenu humide pendant la croissance. Un balcon plein sud convient bien, et notre guide Cultiver sur un balcon très ensoleillé aide à y organiser les arrosages.
L'hiver reste le vrai test. La RHS indique que beaucoup d'oliviers sont rustiques, mais que les fortes gelées abîment les branches. Elle recommande de rentrer les pots dans un lieu hors gel, ou de couvrir la ramure d'un voile d'hivernage lourd, qui apporte environ 2 °C de protection. Un jeune plant en petit pot gèle plus vite qu'un arbre en terre : hors zone méditerranéenne, regardez les records de gel d'une ville du nord comme Arras pour mesurer l'écart avec le Midi, et gardez-le à l'abri au moins les premiers hivers.
Questions fréquentes
Quand faire des boutures d'olivier ?
Fin d'été ou début d'automne, sur du bois de l'année raffermi. Les guides citent juin à septembre ; l'étude consultée trouve l'automne meilleur que le printemps pour les explants, sans comparer l'été. La floraison est à éviter.
Comment faire une bouture d'olivier ?
Prélevez la partie médiane d'un rameau de l'année, sur 12 à 15 cm, retirez les feuilles du bas, puis piquez plusieurs tronçons dans un mélange drainant, sous une ambiance humide et sans soleil direct.
Comment faire un plant d'olivier ?
Trois voies existent : la bouture, qui reproduit l'arbre mère ; la greffe, la plus courante en pépinière algérienne d'après le mémoire de Tlemcen ; le semis, qui donne un franc. Pour conserver une variété au jardin, la bouture reste la voie la plus accessible.
Quand couper les rejets d'olivier ?
Les sources consultées ne fixent aucune date. Vérifiez d'abord que le rejet a des racines et qu'il naît au-dessus de la greffe si l'arbre est greffé, puis choisissez une période sans gel ni canicule pour limiter le stress du jeune plant.
Quel taux de réussite attendre ?
Le seul chiffre vérifié ici est 19 % pour la Chemlal, et il varie selon les variétés. Les 60 à 80 % souvent cités concernent le greffage, pas la bouture.


